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Article: texte impriméLa chape de l’anglais / Bernard Cassen in Manière de voir, 97 (Février-Mars 2008)
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[article] La chape de l’anglais [texte imprimé] / Bernard Cassen, Directeur de publication . - 2008 . - pp. 55-79.
Langues : Français (fre)
in Manière de voir > 97 (Février-Mars 2008) . - pp. 55-79
Catégories : 316.35 Groupes / Identités / Communautés
327.2 Impérialisme occidental / Politique de l'Occident
81 Linguistique Langue
Inégalités sociales / Précarité
Résumé : Dans son Combat pour le français (Odile Jacob), Claude Hagège cite l’écrivain britannique T. B. Macaulay, qui, en 1835, assignait à la colonisation de l’Inde la mission de former « une classe d’individus indiens de sang et de couleur, mais anglais par leurs goûts, leurs opinions, leurs valeurs et leur intellect ». Un peu moins de deux siècles plus tard, l’entreprise de colonisation des esprits des « élites » — qui disent aux peuples ce qu’ils doivent penser — est devenue planétaire. Elle sert moins les intérêts politiques du Royaume-Uni que ceux des Etats-Unis, en tant que promoteurs et premiers bénéficiaires de la mondialisation néolibérale. Mais elle a toujours comme principal vecteur la diffusion de l’anglo-américain. Hagège montre bien la « solidarité naturelle » qui, depuis Adam Smith et David Ricardo, « unit l’idéologie libre-échangiste et la langue anglaise ».

Ces « assises libérales communes » sont confortées par les actions volontaristes de la nébuleuse des décideurs politiques et économiques anglo-saxons qui, eux, ont parfaitement compris les avantages — en premier lieu le formatage des esprits sur leur « modèle » — et la rente financière qu’ils retirent de l’imposition d’une langue unique mondiale, la leur.

Il est dans l’ordre des choses que ces actions soient relayées et exaltées par tous ceux qui, par intérêt ou par conviction idéologique, aspirent à la servitude volontaire au sein de l’Empire. Il est, en revanche, ahurissant que des forces et des individus se réclamant de l’antilibéralisme n’aient toujours pas compris le rôle que l’anglo-américain joue — à leur détriment — dans les combats qu’ils mènent.

En France, il faut chercher la clé de cette myopie dans leur rapport à la langue française : n’a-t-elle pas été celle de la colonisation et de la marginalisation des langues dites « régionales » ? Dans ces conditions, elle serait, par essence, « répressive », alors que l’anglais serait « neutre » puisqu’il ne leur donne aucune mauvaise conscience. Avec de telles analyses, le néolibéralisme a de beaux jours devant lui...

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[article] 
inManière de voir > 97 (Février-Mars 2008) . - pp. 55-79
Titre : La chape de l’anglais
Type de document : texte imprimé
Auteurs : Bernard Cassen, Directeur de publication
Année de publication : 2008
Article en page(s) : pp. 55-79
Langues : Français (fre)
Catégories : 316.35 Groupes / Identités / Communautés
327.2 Impérialisme occidental / Politique de l'Occident
81 Linguistique Langue
Inégalités sociales / Précarité
Résumé : Dans son Combat pour le français (Odile Jacob), Claude Hagège cite l’écrivain britannique T. B. Macaulay, qui, en 1835, assignait à la colonisation de l’Inde la mission de former « une classe d’individus indiens de sang et de couleur, mais anglais par leurs goûts, leurs opinions, leurs valeurs et leur intellect ». Un peu moins de deux siècles plus tard, l’entreprise de colonisation des esprits des « élites » — qui disent aux peuples ce qu’ils doivent penser — est devenue planétaire. Elle sert moins les intérêts politiques du Royaume-Uni que ceux des Etats-Unis, en tant que promoteurs et premiers bénéficiaires de la mondialisation néolibérale. Mais elle a toujours comme principal vecteur la diffusion de l’anglo-américain. Hagège montre bien la « solidarité naturelle » qui, depuis Adam Smith et David Ricardo, « unit l’idéologie libre-échangiste et la langue anglaise ».

Ces « assises libérales communes » sont confortées par les actions volontaristes de la nébuleuse des décideurs politiques et économiques anglo-saxons qui, eux, ont parfaitement compris les avantages — en premier lieu le formatage des esprits sur leur « modèle » — et la rente financière qu’ils retirent de l’imposition d’une langue unique mondiale, la leur.

Il est dans l’ordre des choses que ces actions soient relayées et exaltées par tous ceux qui, par intérêt ou par conviction idéologique, aspirent à la servitude volontaire au sein de l’Empire. Il est, en revanche, ahurissant que des forces et des individus se réclamant de l’antilibéralisme n’aient toujours pas compris le rôle que l’anglo-américain joue — à leur détriment — dans les combats qu’ils mènent.

En France, il faut chercher la clé de cette myopie dans leur rapport à la langue française : n’a-t-elle pas été celle de la colonisation et de la marginalisation des langues dites « régionales » ? Dans ces conditions, elle serait, par essence, « répressive », alors que l’anglais serait « neutre » puisqu’il ne leur donne aucune mauvaise conscience. Avec de telles analyses, le néolibéralisme a de beaux jours devant lui...

La langue-dollar
B. C.

L’utile avant le beau, un choix de civilisation
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La hantise des laboratoires : « to be » ou ne pas être ?
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Sarcasmes médiatiques contre la loi Toubon
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La science comme elle se parle...
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