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détailDocument: document électronique France Culture. Comment s'indigner / Salomé Saqué   Page web avec les 5 épisodes
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France Culture. Comment s'indigner [document électronique] / Salomé Saqué (1995-....), Auteur ; Véronique Samouiloff, Auteur . - Paris : Société Nationale de Radiodiffusion Radio France, 2024 . - 5 podacasts (13 min, 10 min, 10 min, 11 min, 13 min).
Langues : Français (fre)
Catégories : 323.21 Militantisme Participation Engagement Agentivité
323.25 Résistance passive . Désobéissance civile. Lutte non armée
82-5 Eloquence Discours
Résumé : Comment s'indigner, avec Salomé Saqué
Par Salomé Saqué. Faire entendre sa voix pour dénoncer les injustices auxquelles nous sommes confrontés, c'est essentiel. Et ça s'apprend. La journaliste Salomé Saqué vous partage cinq outils, étayés par des discours historiques, pour exprimer votre indignation, la faire entendre, et espérer changer les choses.
5 épisodes •

À propos de la série
Faire entendre sa voix pour dénoncer les injustices auxquelles nous sommes confrontés, c'est essentiel. Et ça s'apprend. La journaliste Salomé Saqué vous partage cinq outils, étayés par des discours historiques, pour exprimer votre indignation, la faire entendre, et espérer changer les choses.
S'indigner, c’est bien, mais réussir à rendre intelligible l’objet de son indignation, c’est mieux. C'est même la condition du dépassement de cette indignation vers l'engagement.
C’est pour cette raison que la journaliste Salomé Saqué, autrice de Sois jeune et tais-toi (Essais Payot, 2023), partage avec les jeunes - et les moins jeunes - cinq techniques rhétoriques pour donner de l'écho à son indignation. Pour faire en sorte que le sentiment de colère ressenti dépasse le stade des paroles en l’air, ne reste pas à l'état d'une rage impossible à partager, mais devienne une pierre ajoutée à l'édifice de la démocratie.

?
Épisode 1/5 : Faire de son indignation personnelle un cas politique

En 2020, la députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez répond à des insultes sexistes dans un discours devenu viral. Elle y fait de son cas personnel un exemple de lutte universelle contre les violences. Une leçon magistrale de rhétorique pour apprendre à politiser son indignation personnelle.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice

Première étape de cette réflexion pratique en cinq étapes pour réussir à rendre intelligible son indignation : politiser son cas personnel. La journaliste Salomé Saqué prend notamment appui sur deux célèbres discours pour mieux s'approprier cette technique rhétorique essentielle.
À lire aussi : Incarner son discours pour faire passer un message (Ma parole ! 12 min)

Insulter la femme, c'est insulter les femmes
Nous sommes le 23 juillet 2020 aux États Unis. L'élue démocrate de l'État de New York Alexandria Ocasio-Cortez (surnommée "AOC") a 30 ans. Trois jours plus tôt, elle a été insultée devant le Congrès par un député des Républicains, Ted Yoho, qui l’a traitée de "fucking bitch" [putain de salope] devant des journalistes.
La polémique enfle. Alors que la plus jeune élue de l’histoire des États-Unis, issue d’un milieu populaire, est la cible de nombreuses critiques, incluant des attaques du président Donald Trump, elle prend la parole au Congrès.
"M. Yoho n’était pas seul. Il marchait coude à coude avec le représentant Roger Williams. Et c’est là que nous commençons à voir que ce problème ne se résume pas à un seul incident. Il est culturel. C’est une culture de l'impunité, d’acceptation de la violence, et du langage violent à l’égard des femmes, toute une structure de pouvoir qui soutient cela. (...) C’est un schéma d’une certaine attitude envers les femmes, et de la déshumanisation des autres."
Ce qui est éloquent dans son discours, c'est qu'Alexandria Ocasio-Cortez ne s’attarde pas sur son histoire singulière. Elle utilise la légitimité que lui confère son expérience pour dénoncer les violences faites aux femmes, et soulever une vague d’indignation à l'échelle mondiale.
Pour Salomé Saqué, cette prise de parole, tout comme la défense de la liberté d'avorter par l'avocate Gisèle Halimi en 1972, sont deux moments politiques inspirants pour donner un écho à ce qui nous révolte, nous concerne, nous préoccupe. En effet, susciter l’indignation est un levier puissant pour faire advenir les changements que nous appelons de nos vœux.

?
Épisode 2/5 : Extérioriser son émotion

Comme l'a prouvé la jeune militante écologiste Greta Thunberg en 2019, exprimer son émotion est un outil rhétorique puissant. Mais c’est une arme à utiliser avec parcimonie, et dans des contextes appropriés.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice

Ce qui peut donner un écho à votre indignation, c’est l'authenticité que votre auditoire sent poindre dans l'expression de votre colère. Une rage qui doit être sincère si elle veut toucher juste.
Avertissement : ce podcast a été enregistré avant la révélation du scandale d'agressions sexuelles dont est accusé l'Abbé Pierre. Salomé Saqué cite son discours sans avoir eu connaissance de ces faits.

Quand la voix et la posture manifestent la colère
Militante écologiste suédoise née en 2003, Greta Thunberg a acquis son statut d’icône de la lutte contre le réchauffement climatique et de la révolte des jeunesses à partir d'un discours prononcé en 2019. Alors âgée de 16 ans seulement, elle s’insurge au sommet de l’ONU devant les dirigeants du monde entier. Les accents de gravité de sa voix dénotent avec l'image d'une lycéenne, à qui l'on prêterait plutôt un tempérament insouciant. C’est d’ailleurs ce qu’elle reproche aux dirigeants réunis pour ce sommet : de lui avoir volé ses rêves. "Comment osez-vous ? Depuis plus de trente ans, la science est parfaitement claire. Comment osez-vous encore regarder ailleurs ? Vous venez ici pour dire que vous faites assez, alors que les politiques et les actions nécessaires sont inexistantes" interpelle Greta Thunberg du haut de sa tribune.
Sa voix semble sur le point de se casser, son visage est dur, sa mâchoire crispée, elle a les larmes aux yeux, les sourcils froncés, le souffle court, presque une moue de dégoût. Et en termes d’indignation, le langage corporel est sûrement au moins aussi important que ce que l’on dit.
Si ce discours va bouleverser de nombreuses personnes, il va également susciter une vague de critiques sans précédent à l’endroit d’une adolescente de 16 ans. Le fait d'exprimer son angoisse avec autant d'intensité va lui être reproché, et certains commentateurs iront jusqu'à taxer Greta Thunberg de folle d'hystérique.

À lire aussi : Provoquer l’émotion, une arme à double tranchant (Ma parole ! 11 min)

?
Épisode 3/5 : Prendre l'oppresseur à partie

Pour exprimer votre indignation, il faut faire l'effort conceptuel et rhétorique de nommer l'objet de votre colère : l'oppresseur ou le dominant. C'est ce que Salomé Saqué vous enjoint à réaliser ici, grâce à l'aide précieuse d'Émile Zola, d'Emma Gonzales et de Meryl Streep.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice

La dénonciation explicite de l'auteur d'une injustice oblige en général à une réévaluation des valeurs et des principes. En dénonçant des figures d'autorité comme responsables d'actes injustes, Émile Zola, Emma Gonzales ou Meryl Streep poussent leur auditoire à questionner la légitimité et la moralité des institutions et des dirigeants en place. Cela encourage un débat plus large sur la justice, l'équité et le rôle de l'État.

À écouter : Émile Zola, mort pour ses idées ? (Le Cours de l'histoire 59 min)

Il accuse
C’est l’un des textes les plus célèbres de l’histoire de France. En janvier 1898, l'affaire Dreyfus déchire la société française. Alfred Dreyfus, un capitaine de l'armée, a été condamné pour trahison. Accusé d'avoir livré des secrets militaires à l'Allemagne, il est envoyé au bagne. Mais une partie de l'opinion publique, notamment des intellectuels, commence à douter de sa culpabilité. Derrière cette condamnation, certains suspectent une erreur judiciaire, la manipulation de preuves et voient la marque d'un antisémitisme rampant.
C'est dans ce contexte que paraît "J'accuse...!", une lettre ouverte de l’écrivain Émile Zola, publiée en Une du journal L'Aurore. Le titre est direct et provocateur. Il est une accusation, une menace, un appel au scandale. En nommant un à un ceux qu’il considère être les responsables d’une déroute intellectuelle et politique, Zola va susciter la colère et l’indignation, au point de bouleverser le débat public de l’époque. "J’accuse le général Mercier de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle. J’accuse le général Billot d’avoir eu entre les mains les preuves certaines de l’innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s’être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique et pour sauver l’état-major compromis." écrit Emile Zola

Prendre des risques
Nommer explicitement les responsables d'un crime ou d'un délit a plusieurs effets puissants. D'abord, cela personnalise l'injustice. En mettant des noms sur des actes répréhensibles, Émile Zola empêche les responsables de se cacher derrière l'anonymat des institutions. Chaque lecteur peut identifier clairement qui a joué un rôle dans cette affaire, rendant la culpabilité plus tangible et indéniable.
Ensuite, le fait de nommer rend l'accusation plus grave et plus audacieuse. Zola ne se contente pas de critiquer de manière vague : il prend un risque personnel en désignant directement les coupables à ses yeux. En prenant cette position, l'écrivain incite également ses lecteurs à réfléchir sur leur propre rôle et leur responsabilité face à l'injustice.
Enfin, en nommant des individus précis, Zola provoque une réaction des accusés, et de leurs soutiens. Cela ouvre la voie à une confrontation publique, obligeant les mis en cause à répondre à la charge portée contre eux. Cette dynamique de confrontation amplifie la chambre d’écho de l'indignation, et donc la prise de conscience collective.

À écouter : Figures de l'injustice (La Suite dans les idées 29 min)
À écouter : Les manifestes qui ont changé le monde
Épisode 4/5 : Casser les codes pour marquer le coup

Comme l'ont prouvé le chanteur Daniel Balavoine, ou plus récemment l'actrice Adèle Haenel, quand on a un message d'indignation fort à faire passer, briser les codes de l'énonciation s'avère redoutablement efficace.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice
L’éloquence, ce n’est pas que du discours, c’est aussi une théâtralité, une scène, un cadre. Exprimer son indignation peut passer par des actes subversifs qui font exploser le cadre d'énonciation de la parole. A quelque quarante années de distance, le chanteur Daniel Balavoine ou l'actrice Adèle Haenel l'ont d'ailleurs prouvé avec panache.

À écouter : La crise du discours politique (L'Atelier du pouvoir 55 min)

Exploser le dispositif
"J'ai juste le temps de me mettre en colère, c'est le système de l’information qui est fait comme ça, j’aurai juste le temps de m’énerver, de paraître pour un petit merdeux, un petit jeune de plus qui fout la pagaille partout, si j’avais su que je pourrais rien dire j’aurais dormi beaucoup plus tard !" Daniel Balavoine, 1980
En 1980, Daniel Balavoine prend à partie le futur président de la République François Mitterrand, et l’accuse de ne pas le laisser parler. Cette séquence est restée célèbre dans l’histoire de l’indignation à la télévision, car le jeune chanteur, en cassant les codes du débat télévisé, a produit un coup d’éclat qui fera date.
Ce qui va rendre cette séquence culte, c’est le fait que Daniel Balavoine ose bousculer le dispositif médiatique, et soit l’un des premiers à le faire. Au cours de cette émission, il remet en cause le fait établi selon lequel on laisse peu de temps de parole aux jeunes, dénonce le fait que le candidat à la présidentielle en face de lui soit vieux, et va jusqu’à critiquer sa manière de s’habiller. On le devine prêt à quitter le plateau et à tout envoyer valser. Ce que Daniel Balavoine démontre, au fond au cours de cette séquence, c’est que ce qu’il a à dire est trop important pour être relégué en toute fin de programme. En intentant un procès en légitimité à son dispositif de hiérarchie de la parole, il désacralise la télévision, média roi à cette époque.
De la même manière, l’indignation de l’actrice Adèle Haenel en 2020 a eu un retentissement mondial lorsqu’elle décide de quitter la salle des César alors que Roman Polanski, condamné pour viol, vient d’être récompensé.

À écouter : Sois honteux et tais-toi (Carnet de philo 3 min)

?
Épisode 5/5 : Manier l'ironie pour dénoncer

L’humour permet de critiquer sans attaquer directement, en restant léger de façon à susciter un sourire de connivence, voire de sympathie. Trois leçons d'éloquence signées Fatou Diome, Bill Nye ou Christiane Taubira.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice
•
L'ironie doit être subtile, mais suffisamment claire pour que votre auditoire saisisse la critique sous-jacente. Utilisez des exagérations ou des comparaisons absurdes pour renforcer votre propos. L’ironie et l’humour de manière générale ont comme vertu principale de permettre une certaine élégance tout en soulignant les contradictions du camp d’en face.

Tourner en dérision
Mouloud : Vous avez peur de Marine le Pen ou pas ?
Fatou Diome : Moi je n’ai pas peur, c’est elle qui a peur de moi !
Voici la réponse de Fatou Diome, l’écrivaine franco-sénégalaise très engagée contre le racisme et la xénophobie, quand on l’interroge sur l’extrême droite. Mais au lieu d’attaquer frontalement l’extrême droite dans cette interview, elle la tourne en dérision, et a recours à un procédé précieux : l’humour.
Une utilisation de l’humour particulièrement efficace pour exprimer son indignation est celle du présentateur américain Bill Nye dans l’émission "Last Week Tonight with John Oliver" en 2019. Il essaie d’expliquer le réchauffement climatique avec un ton pédagogique et une mise en scène face caméra avec des accessoires qui fait fortement penser à celle de “C’est pas sorcier” en France.

Une affaire de décalage
Le fait qu’il devienne soudain vulgaire et cassant attire l’attention sur l’objet de son indignation : l’inaction face au réchauffement climatique. L’humour est souvent affaire de décalage : le décalage entre la violence des mots et le personnage le rend drôle. En utilisant un langage cru et direct, Bill Nye souligne la frustration ressentie par de nombreux scientifiques tout en captant l'attention du public par sa blague. Bref, il fait passer un message efficace contre l'inaction climatique.

De l'antiphrase à l'ironie
Une forme d’humour particulièrement adéquate lorsque l’on veut s’indigner est l'ironie. Elle permet de souligner les contradictions et les absurdités d'une situation ou d'une politique en disant le contraire de ce que l'on pense réellement. Cela engage l'auditoire à réfléchir plus profondément sur le sujet abordé. Par exemple, en utilisant l'ironie, un orateur peut démasquer les hypocrisies ou les injustices de manière subtile et élégante, souvent en présentant une réalité absurde qui révèle implicitement la vérité.
L’ironie repose sur ce décalage entre l'explicite - ce que veut dire l’orateur - et l'implicite - ce qu’il ne dit pas mais veut faire comprendre. Ça permet d’énoncer une idée tout en s’en indignant. Cette approche rend la critique moins agressive et plus acceptable pour ceux qui pourraient être en désaccord, car elle fait appel à l'intellect et à l'humour plutôt qu'à la confrontation directe.

À lire aussi : CARICATURE, HUMOUR ET IRONIE : PEUT-ON RIRE DE TOUT ?


Note de contenu : Épisodes
Épisode 1 : Faire de son indignation personnelle un cas politique
En 2020, la députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez répond à des insultes sexistes dans un discours devenu viral. Elle y fait de son cas personnel un exemple de lutte universelle contre les violences. Une leçon magistrale de rhétorique pour apprendre à politiser son indignation personnelle.
19 août • 13 min

Épisode 2 : Extérioriser son émotion
Comme l'a prouvé la jeune militante écologiste Greta Thunberg en 2019, exprimer son émotion est un outil rhétorique puissant. Mais c’est une arme à utiliser avec parcimonie, et dans des contextes appropriés.
19 août • 10 min

Épisode 3 : Prendre l'oppresseur à partie
Pour exprimer votre indignation, il faut faire l'effort conceptuel et rhétorique de nommer l'objet de votre colère : l'oppresseur ou le dominant. C'est ce que Salomé Saqué vous enjoint à réaliser ici, grâce à l'aide précieuse d'Émile Zola, d'Emma Gonzales et de Meryl Streep.
19 août • 10 min

Épisode 4 : Casser les codes pour marquer le coup
Comme l'ont prouvé le chanteur Daniel Balavoine, ou plus récemment l'actrice Adèle Haenel, quand on a un message d'indignation fort à faire passer, briser les codes de l'énonciation s'avère redoutablement efficace.
19 août • 11 min

Épisode 5 : Manier l'ironie pour dénoncer
L’humour permet de critiquer sans attaquer directement, en restant léger de façon à susciter un sourire de connivence, voire de sympathie. Trois leçons d'éloquence signées Fatou Diome, Bill Nye ou Christiane Taubira.
19 août • 13 min
En ligne : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-comment-s-indigner-avec- [...]
Format de la ressource électronique : Page web avec les 5 épisodes
Permalink : https://newbibli.territoires-memoire.be/pmb/opac_css/index.php?lvl=notice_displa

in Radio France   site web

Titre de série : France Culture
Titre : Comment s'indigner
Type de document : document électronique
Auteurs : Salomé Saqué (1995-....), Auteur ; Véronique Samouiloff, Auteur
Editeur : Paris : Société Nationale de Radiodiffusion Radio France
Année de publication : 2024
Importance : 5 podacasts (13 min, 10 min, 10 min, 11 min, 13 min)
Langues : Français (fre)
Catégories : 323.21 Militantisme Participation Engagement Agentivité
323.25 Résistance passive . Désobéissance civile. Lutte non armée
82-5 Eloquence Discours
Résumé : Comment s'indigner, avec Salomé Saqué
Par Salomé Saqué. Faire entendre sa voix pour dénoncer les injustices auxquelles nous sommes confrontés, c'est essentiel. Et ça s'apprend. La journaliste Salomé Saqué vous partage cinq outils, étayés par des discours historiques, pour exprimer votre indignation, la faire entendre, et espérer changer les choses.
5 épisodes •

À propos de la série
Faire entendre sa voix pour dénoncer les injustices auxquelles nous sommes confrontés, c'est essentiel. Et ça s'apprend. La journaliste Salomé Saqué vous partage cinq outils, étayés par des discours historiques, pour exprimer votre indignation, la faire entendre, et espérer changer les choses.
S'indigner, c’est bien, mais réussir à rendre intelligible l’objet de son indignation, c’est mieux. C'est même la condition du dépassement de cette indignation vers l'engagement.
C’est pour cette raison que la journaliste Salomé Saqué, autrice de Sois jeune et tais-toi (Essais Payot, 2023), partage avec les jeunes - et les moins jeunes - cinq techniques rhétoriques pour donner de l'écho à son indignation. Pour faire en sorte que le sentiment de colère ressenti dépasse le stade des paroles en l’air, ne reste pas à l'état d'une rage impossible à partager, mais devienne une pierre ajoutée à l'édifice de la démocratie.

?
Épisode 1/5 : Faire de son indignation personnelle un cas politique

En 2020, la députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez répond à des insultes sexistes dans un discours devenu viral. Elle y fait de son cas personnel un exemple de lutte universelle contre les violences. Une leçon magistrale de rhétorique pour apprendre à politiser son indignation personnelle.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice

Première étape de cette réflexion pratique en cinq étapes pour réussir à rendre intelligible son indignation : politiser son cas personnel. La journaliste Salomé Saqué prend notamment appui sur deux célèbres discours pour mieux s'approprier cette technique rhétorique essentielle.
À lire aussi : Incarner son discours pour faire passer un message (Ma parole ! 12 min)

Insulter la femme, c'est insulter les femmes
Nous sommes le 23 juillet 2020 aux États Unis. L'élue démocrate de l'État de New York Alexandria Ocasio-Cortez (surnommée "AOC") a 30 ans. Trois jours plus tôt, elle a été insultée devant le Congrès par un député des Républicains, Ted Yoho, qui l’a traitée de "fucking bitch" [putain de salope] devant des journalistes.
La polémique enfle. Alors que la plus jeune élue de l’histoire des États-Unis, issue d’un milieu populaire, est la cible de nombreuses critiques, incluant des attaques du président Donald Trump, elle prend la parole au Congrès.
"M. Yoho n’était pas seul. Il marchait coude à coude avec le représentant Roger Williams. Et c’est là que nous commençons à voir que ce problème ne se résume pas à un seul incident. Il est culturel. C’est une culture de l'impunité, d’acceptation de la violence, et du langage violent à l’égard des femmes, toute une structure de pouvoir qui soutient cela. (...) C’est un schéma d’une certaine attitude envers les femmes, et de la déshumanisation des autres."
Ce qui est éloquent dans son discours, c'est qu'Alexandria Ocasio-Cortez ne s’attarde pas sur son histoire singulière. Elle utilise la légitimité que lui confère son expérience pour dénoncer les violences faites aux femmes, et soulever une vague d’indignation à l'échelle mondiale.
Pour Salomé Saqué, cette prise de parole, tout comme la défense de la liberté d'avorter par l'avocate Gisèle Halimi en 1972, sont deux moments politiques inspirants pour donner un écho à ce qui nous révolte, nous concerne, nous préoccupe. En effet, susciter l’indignation est un levier puissant pour faire advenir les changements que nous appelons de nos vœux.

?
Épisode 2/5 : Extérioriser son émotion

Comme l'a prouvé la jeune militante écologiste Greta Thunberg en 2019, exprimer son émotion est un outil rhétorique puissant. Mais c’est une arme à utiliser avec parcimonie, et dans des contextes appropriés.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice

Ce qui peut donner un écho à votre indignation, c’est l'authenticité que votre auditoire sent poindre dans l'expression de votre colère. Une rage qui doit être sincère si elle veut toucher juste.
Avertissement : ce podcast a été enregistré avant la révélation du scandale d'agressions sexuelles dont est accusé l'Abbé Pierre. Salomé Saqué cite son discours sans avoir eu connaissance de ces faits.

Quand la voix et la posture manifestent la colère
Militante écologiste suédoise née en 2003, Greta Thunberg a acquis son statut d’icône de la lutte contre le réchauffement climatique et de la révolte des jeunesses à partir d'un discours prononcé en 2019. Alors âgée de 16 ans seulement, elle s’insurge au sommet de l’ONU devant les dirigeants du monde entier. Les accents de gravité de sa voix dénotent avec l'image d'une lycéenne, à qui l'on prêterait plutôt un tempérament insouciant. C’est d’ailleurs ce qu’elle reproche aux dirigeants réunis pour ce sommet : de lui avoir volé ses rêves. "Comment osez-vous ? Depuis plus de trente ans, la science est parfaitement claire. Comment osez-vous encore regarder ailleurs ? Vous venez ici pour dire que vous faites assez, alors que les politiques et les actions nécessaires sont inexistantes" interpelle Greta Thunberg du haut de sa tribune.
Sa voix semble sur le point de se casser, son visage est dur, sa mâchoire crispée, elle a les larmes aux yeux, les sourcils froncés, le souffle court, presque une moue de dégoût. Et en termes d’indignation, le langage corporel est sûrement au moins aussi important que ce que l’on dit.
Si ce discours va bouleverser de nombreuses personnes, il va également susciter une vague de critiques sans précédent à l’endroit d’une adolescente de 16 ans. Le fait d'exprimer son angoisse avec autant d'intensité va lui être reproché, et certains commentateurs iront jusqu'à taxer Greta Thunberg de folle d'hystérique.

À lire aussi : Provoquer l’émotion, une arme à double tranchant (Ma parole ! 11 min)

?
Épisode 3/5 : Prendre l'oppresseur à partie

Pour exprimer votre indignation, il faut faire l'effort conceptuel et rhétorique de nommer l'objet de votre colère : l'oppresseur ou le dominant. C'est ce que Salomé Saqué vous enjoint à réaliser ici, grâce à l'aide précieuse d'Émile Zola, d'Emma Gonzales et de Meryl Streep.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice

La dénonciation explicite de l'auteur d'une injustice oblige en général à une réévaluation des valeurs et des principes. En dénonçant des figures d'autorité comme responsables d'actes injustes, Émile Zola, Emma Gonzales ou Meryl Streep poussent leur auditoire à questionner la légitimité et la moralité des institutions et des dirigeants en place. Cela encourage un débat plus large sur la justice, l'équité et le rôle de l'État.

À écouter : Émile Zola, mort pour ses idées ? (Le Cours de l'histoire 59 min)

Il accuse
C’est l’un des textes les plus célèbres de l’histoire de France. En janvier 1898, l'affaire Dreyfus déchire la société française. Alfred Dreyfus, un capitaine de l'armée, a été condamné pour trahison. Accusé d'avoir livré des secrets militaires à l'Allemagne, il est envoyé au bagne. Mais une partie de l'opinion publique, notamment des intellectuels, commence à douter de sa culpabilité. Derrière cette condamnation, certains suspectent une erreur judiciaire, la manipulation de preuves et voient la marque d'un antisémitisme rampant.
C'est dans ce contexte que paraît "J'accuse...!", une lettre ouverte de l’écrivain Émile Zola, publiée en Une du journal L'Aurore. Le titre est direct et provocateur. Il est une accusation, une menace, un appel au scandale. En nommant un à un ceux qu’il considère être les responsables d’une déroute intellectuelle et politique, Zola va susciter la colère et l’indignation, au point de bouleverser le débat public de l’époque. "J’accuse le général Mercier de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle. J’accuse le général Billot d’avoir eu entre les mains les preuves certaines de l’innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s’être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique et pour sauver l’état-major compromis." écrit Emile Zola

Prendre des risques
Nommer explicitement les responsables d'un crime ou d'un délit a plusieurs effets puissants. D'abord, cela personnalise l'injustice. En mettant des noms sur des actes répréhensibles, Émile Zola empêche les responsables de se cacher derrière l'anonymat des institutions. Chaque lecteur peut identifier clairement qui a joué un rôle dans cette affaire, rendant la culpabilité plus tangible et indéniable.
Ensuite, le fait de nommer rend l'accusation plus grave et plus audacieuse. Zola ne se contente pas de critiquer de manière vague : il prend un risque personnel en désignant directement les coupables à ses yeux. En prenant cette position, l'écrivain incite également ses lecteurs à réfléchir sur leur propre rôle et leur responsabilité face à l'injustice.
Enfin, en nommant des individus précis, Zola provoque une réaction des accusés, et de leurs soutiens. Cela ouvre la voie à une confrontation publique, obligeant les mis en cause à répondre à la charge portée contre eux. Cette dynamique de confrontation amplifie la chambre d’écho de l'indignation, et donc la prise de conscience collective.

À écouter : Figures de l'injustice (La Suite dans les idées 29 min)
À écouter : Les manifestes qui ont changé le monde
Épisode 4/5 : Casser les codes pour marquer le coup

Comme l'ont prouvé le chanteur Daniel Balavoine, ou plus récemment l'actrice Adèle Haenel, quand on a un message d'indignation fort à faire passer, briser les codes de l'énonciation s'avère redoutablement efficace.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice
L’éloquence, ce n’est pas que du discours, c’est aussi une théâtralité, une scène, un cadre. Exprimer son indignation peut passer par des actes subversifs qui font exploser le cadre d'énonciation de la parole. A quelque quarante années de distance, le chanteur Daniel Balavoine ou l'actrice Adèle Haenel l'ont d'ailleurs prouvé avec panache.

À écouter : La crise du discours politique (L'Atelier du pouvoir 55 min)

Exploser le dispositif
"J'ai juste le temps de me mettre en colère, c'est le système de l’information qui est fait comme ça, j’aurai juste le temps de m’énerver, de paraître pour un petit merdeux, un petit jeune de plus qui fout la pagaille partout, si j’avais su que je pourrais rien dire j’aurais dormi beaucoup plus tard !" Daniel Balavoine, 1980
En 1980, Daniel Balavoine prend à partie le futur président de la République François Mitterrand, et l’accuse de ne pas le laisser parler. Cette séquence est restée célèbre dans l’histoire de l’indignation à la télévision, car le jeune chanteur, en cassant les codes du débat télévisé, a produit un coup d’éclat qui fera date.
Ce qui va rendre cette séquence culte, c’est le fait que Daniel Balavoine ose bousculer le dispositif médiatique, et soit l’un des premiers à le faire. Au cours de cette émission, il remet en cause le fait établi selon lequel on laisse peu de temps de parole aux jeunes, dénonce le fait que le candidat à la présidentielle en face de lui soit vieux, et va jusqu’à critiquer sa manière de s’habiller. On le devine prêt à quitter le plateau et à tout envoyer valser. Ce que Daniel Balavoine démontre, au fond au cours de cette séquence, c’est que ce qu’il a à dire est trop important pour être relégué en toute fin de programme. En intentant un procès en légitimité à son dispositif de hiérarchie de la parole, il désacralise la télévision, média roi à cette époque.
De la même manière, l’indignation de l’actrice Adèle Haenel en 2020 a eu un retentissement mondial lorsqu’elle décide de quitter la salle des César alors que Roman Polanski, condamné pour viol, vient d’être récompensé.

À écouter : Sois honteux et tais-toi (Carnet de philo 3 min)

?
Épisode 5/5 : Manier l'ironie pour dénoncer

L’humour permet de critiquer sans attaquer directement, en restant léger de façon à susciter un sourire de connivence, voire de sympathie. Trois leçons d'éloquence signées Fatou Diome, Bill Nye ou Christiane Taubira.
Avec
• Salomé Saqué Journaliste et autrice
•
L'ironie doit être subtile, mais suffisamment claire pour que votre auditoire saisisse la critique sous-jacente. Utilisez des exagérations ou des comparaisons absurdes pour renforcer votre propos. L’ironie et l’humour de manière générale ont comme vertu principale de permettre une certaine élégance tout en soulignant les contradictions du camp d’en face.

Tourner en dérision
Mouloud : Vous avez peur de Marine le Pen ou pas ?
Fatou Diome : Moi je n’ai pas peur, c’est elle qui a peur de moi !
Voici la réponse de Fatou Diome, l’écrivaine franco-sénégalaise très engagée contre le racisme et la xénophobie, quand on l’interroge sur l’extrême droite. Mais au lieu d’attaquer frontalement l’extrême droite dans cette interview, elle la tourne en dérision, et a recours à un procédé précieux : l’humour.
Une utilisation de l’humour particulièrement efficace pour exprimer son indignation est celle du présentateur américain Bill Nye dans l’émission "Last Week Tonight with John Oliver" en 2019. Il essaie d’expliquer le réchauffement climatique avec un ton pédagogique et une mise en scène face caméra avec des accessoires qui fait fortement penser à celle de “C’est pas sorcier” en France.

Une affaire de décalage
Le fait qu’il devienne soudain vulgaire et cassant attire l’attention sur l’objet de son indignation : l’inaction face au réchauffement climatique. L’humour est souvent affaire de décalage : le décalage entre la violence des mots et le personnage le rend drôle. En utilisant un langage cru et direct, Bill Nye souligne la frustration ressentie par de nombreux scientifiques tout en captant l'attention du public par sa blague. Bref, il fait passer un message efficace contre l'inaction climatique.

De l'antiphrase à l'ironie
Une forme d’humour particulièrement adéquate lorsque l’on veut s’indigner est l'ironie. Elle permet de souligner les contradictions et les absurdités d'une situation ou d'une politique en disant le contraire de ce que l'on pense réellement. Cela engage l'auditoire à réfléchir plus profondément sur le sujet abordé. Par exemple, en utilisant l'ironie, un orateur peut démasquer les hypocrisies ou les injustices de manière subtile et élégante, souvent en présentant une réalité absurde qui révèle implicitement la vérité.
L’ironie repose sur ce décalage entre l'explicite - ce que veut dire l’orateur - et l'implicite - ce qu’il ne dit pas mais veut faire comprendre. Ça permet d’énoncer une idée tout en s’en indignant. Cette approche rend la critique moins agressive et plus acceptable pour ceux qui pourraient être en désaccord, car elle fait appel à l'intellect et à l'humour plutôt qu'à la confrontation directe.

À lire aussi : CARICATURE, HUMOUR ET IRONIE : PEUT-ON RIRE DE TOUT ?


Note de contenu : Épisodes
Épisode 1 : Faire de son indignation personnelle un cas politique
En 2020, la députée américaine Alexandria Ocasio-Cortez répond à des insultes sexistes dans un discours devenu viral. Elle y fait de son cas personnel un exemple de lutte universelle contre les violences. Une leçon magistrale de rhétorique pour apprendre à politiser son indignation personnelle.
19 août • 13 min

Épisode 2 : Extérioriser son émotion
Comme l'a prouvé la jeune militante écologiste Greta Thunberg en 2019, exprimer son émotion est un outil rhétorique puissant. Mais c’est une arme à utiliser avec parcimonie, et dans des contextes appropriés.
19 août • 10 min

Épisode 3 : Prendre l'oppresseur à partie
Pour exprimer votre indignation, il faut faire l'effort conceptuel et rhétorique de nommer l'objet de votre colère : l'oppresseur ou le dominant. C'est ce que Salomé Saqué vous enjoint à réaliser ici, grâce à l'aide précieuse d'Émile Zola, d'Emma Gonzales et de Meryl Streep.
19 août • 10 min

Épisode 4 : Casser les codes pour marquer le coup
Comme l'ont prouvé le chanteur Daniel Balavoine, ou plus récemment l'actrice Adèle Haenel, quand on a un message d'indignation fort à faire passer, briser les codes de l'énonciation s'avère redoutablement efficace.
19 août • 11 min

Épisode 5 : Manier l'ironie pour dénoncer
L’humour permet de critiquer sans attaquer directement, en restant léger de façon à susciter un sourire de connivence, voire de sympathie. Trois leçons d'éloquence signées Fatou Diome, Bill Nye ou Christiane Taubira.
19 août • 13 min
En ligne : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-comment-s-indigner-avec- [...]
Format de la ressource électronique : Page web avec les 5 épisodes
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détailDocument: texte imprimé Résister / Salomé Saqué
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Résister [texte imprimé] / Salomé Saqué (1995-....), Auteur . - Paris : Payot, 2024 . - 1 vol. (142 p.) ; 17 cm.
ISBN : 978-2-228-93759-7
Langues : Français (fre)
Catégories : 171:329.18 Antifascisme - Lutte contre l'extrême droite
32.019 Propagande / Communication politique / Médias et politique
329.18 Tendance d'extrême droite
329.18(44) Extrême droite France
Index. décimale : 329.18 Extrême droite, nationalisme, populisme
Résumé : Introduction

L'extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans les urnes comme dans les esprits, ses thèmes, son narratif et son vocabulaire s'imposent. Il est encore temps d'inverser cette tendance, à condition de comprendre les rouages de cette progression et de réagir rapidement.
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Titre : Résister
Type de document : texte imprimé
Auteurs : Salomé Saqué (1995-....), Auteur
Editeur : Paris : Payot
Année de publication : 2024
Importance : 1 vol. (142 p.)
Format : 17 cm
ISBN/ISSN/EAN : 978-2-228-93759-7
Langues : Français (fre)
Catégories : 171:329.18 Antifascisme - Lutte contre l'extrême droite
32.019 Propagande / Communication politique / Médias et politique
329.18 Tendance d'extrême droite
329.18(44) Extrême droite France
Index. décimale : 329.18 Extrême droite, nationalisme, populisme
Résumé : Introduction

L'extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans les urnes comme dans les esprits, ses thèmes, son narratif et son vocabulaire s'imposent. Il est encore temps d'inverser cette tendance, à condition de comprendre les rouages de cette progression et de réagir rapidement.
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détailBulletin: texte imprimé HS 20 - Printemps 2026 - Résister aux nouveaux fascismes (Bulletin de Socialter, magazine de critique radicale et d'alternatives)   Présentation et quelques articles en accès libre
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est un bulletin de Socialter, magazine de critique radicale et d'alternatives   Site de la revue

HS 20 - Printemps 2026 - Résister aux nouveaux fascismes [texte imprimé] / Salomé Saqué (1995-....), Directeur de publication . - 2026 . - 140 p. ; 27 cm.
ISBN : 978-2-493-28810-3
Langues : Français (fre)
Catégories : 171:329.18 Antifascisme - Lutte contre l'extrême droite
Résumé : Site éditeur :
Hors-série numéro 20
Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

Pour amplifier la riposte face à la tentation réactionnaire, la rédaction de Socialter a proposé à Salomé Saqué, journaliste à Blast, de participer à ce numéro spécial. Avec sa contribution, nous avons conçu un « manuel de résistance populaire » pour sortir de la sidération et de l’impuissance. Un numéro de 148 pages pour documenter et analyser l’offensive des droites extrêmes, mais surtout explorer des stratégies et des pistes d’action efficaces. Avec l’objectif de faire reculer partout les affects haineux et les pulsions autoritaires : dans les esprits, dans les urnes, dans les rues.
Note de contenu : Sommaire
Prologue
• Salomé Saqué, Contre la confusion et l'Ignorance, mobilisons le savoir et l'espoir
• Panorama. Ce que fait l'extrême droite au pouvoir
• Entretien avec Ugo Palheta, « Les fascistes nous veulent déprimés, sidérés et Isolés: la réponse, c'est fondamentalement l'action collective »
• Glossaire. Fascismes mutants
• Entretien. Mark Bray, historien états-unien exilé

1. La bataille culturelle
• Chronologie. Dix ans de conquête des médias par l'extrême droite
• Entretien avec Edwy Plenel, «On ne demande pas au journaliste d'être sympathique, mais d’être au rendez-vous de sa mission sociale »
• Enquête. Alexandre Pesey, dans l'ombre de la bataille culturelle réactionnaire
• Entretien avec Djamil Le Shlag, « Le rire est une arme pour tourner cette idéologie en ridicule »
• Tribune. Comment freiner la fascisation des médias ?
• Entretien avec Fatima Ouassak, « Il faut un projet antiraciste au centre de la stratégie politique »
• Epilogue


2 Face au capitalisme autoritaire
• Entretien avec Marlène Benquet, La finance aux extrêmes
• Enquête, Bolloré et Stérin. Saints patrons de l’extrême droite
• Entretien avec Sleeping Giants, Le collectif qui réveille la lutte contre la haine en ligne
• Tuto, Quatre tactiques pour faire flipper un milliardaire réac'
• Analyse. Les ripostes syndicales face à l'extrême droite
• JJeu des 7 différences, Bolloré & Stérin, saurez-vous les distinguer?
• Epilogue

3 Résister au quotidien
• Reportage. « Hope not Hate » les leçons de l’antifascisme britannique
• Carto StreetPress, La bataille des municipales
• Le tuto de Lumir Lapray, Comment faire douter une électrice du RN
• Analyse. Des chrétiens face à l’extrême droite
• Reportage. Lyon, quand l’extrême droite baisse le rideau
• Epilogue
• A faire soi-même. Fachorigami
En ligne : https://www.socialter.fr/produit/hors-serie-numero-20-socialter-salome-saque-res [...]
Format de la ressource électronique : Présentation et quelques articles en accès libre
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Type de document : texte imprimé
Auteurs : Salomé Saqué (1995-....), Directeur de publication
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Importance : 140 p.
Format : 27 cm
ISBN/ISSN/EAN : 978-2-493-28810-3
Langues : Français (fre)
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Résister aux nouveaux fascismes avec Salomé Saqué

Pour amplifier la riposte face à la tentation réactionnaire, la rédaction de Socialter a proposé à Salomé Saqué, journaliste à Blast, de participer à ce numéro spécial. Avec sa contribution, nous avons conçu un « manuel de résistance populaire » pour sortir de la sidération et de l’impuissance. Un numéro de 148 pages pour documenter et analyser l’offensive des droites extrêmes, mais surtout explorer des stratégies et des pistes d’action efficaces. Avec l’objectif de faire reculer partout les affects haineux et les pulsions autoritaires : dans les esprits, dans les urnes, dans les rues.
Note de contenu : Sommaire
Prologue
• Salomé Saqué, Contre la confusion et l'Ignorance, mobilisons le savoir et l'espoir
• Panorama. Ce que fait l'extrême droite au pouvoir
• Entretien avec Ugo Palheta, « Les fascistes nous veulent déprimés, sidérés et Isolés: la réponse, c'est fondamentalement l'action collective »
• Glossaire. Fascismes mutants
• Entretien. Mark Bray, historien états-unien exilé

1. La bataille culturelle
• Chronologie. Dix ans de conquête des médias par l'extrême droite
• Entretien avec Edwy Plenel, «On ne demande pas au journaliste d'être sympathique, mais d’être au rendez-vous de sa mission sociale »
• Enquête. Alexandre Pesey, dans l'ombre de la bataille culturelle réactionnaire
• Entretien avec Djamil Le Shlag, « Le rire est une arme pour tourner cette idéologie en ridicule »
• Tribune. Comment freiner la fascisation des médias ?
• Entretien avec Fatima Ouassak, « Il faut un projet antiraciste au centre de la stratégie politique »
• Epilogue


2 Face au capitalisme autoritaire
• Entretien avec Marlène Benquet, La finance aux extrêmes
• Enquête, Bolloré et Stérin. Saints patrons de l’extrême droite
• Entretien avec Sleeping Giants, Le collectif qui réveille la lutte contre la haine en ligne
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3 Résister au quotidien
• Reportage. « Hope not Hate » les leçons de l’antifascisme britannique
• Carto StreetPress, La bataille des municipales
• Le tuto de Lumir Lapray, Comment faire douter une électrice du RN
• Analyse. Des chrétiens face à l’extrême droite
• Reportage. Lyon, quand l’extrême droite baisse le rideau
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• A faire soi-même. Fachorigami
En ligne : https://www.socialter.fr/produit/hors-serie-numero-20-socialter-salome-saque-res [...]
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détailArticle: texte imprimé Sois jeune et tais-toi / Salomé Saqué in Aide-Mémoire, 103 (printemps 2024)   Article en ligne
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[article] Sois jeune et tais-toi : C’est quoi être jeune en 2024 ? [texte imprimé] / Salomé Saqué (1995-....), Personne interviewée ; Miléna De Paoli, Intervieweur ; Gaëlle Henrard, Intervieweur . - 2024 . - pp. 39-42.
Langues : Français (fre)
in Aide-Mémoire > 103 (printemps 2024) . - pp. 39-42
Catégories : Sociologie Enfance / Jeunesse
Résumé : Véritable journaliste engagée, Salomé Saqué s’intéresse particulièrement aux questions politiques, économiques et environnementales. Elle travaille entre autres pour les médias en ligne Blast et Socialter. En mai 2023, elle sort son premier livre, Sois jeune et tais-toi, dans lequel elle fait état de la jeunesse française actuelle, et aborde les critiques qui lui sont faites.

Dans cet entretien, elle revient sur les difficultés, les aspirations et les combats des jeunes aujourd’hui.
En ligne : https://aidememoire.be/103/sois-jeune-et-tais-toi/
Format de la ressource électronique : Article en ligne
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[article] 
inAide-Mémoire > 103 (printemps 2024) . - pp. 39-42
Titre : Sois jeune et tais-toi : C’est quoi être jeune en 2024 ?
Type de document : texte imprimé
Auteurs : Salomé Saqué (1995-....), Personne interviewée ; Miléna De Paoli, Intervieweur ; Gaëlle Henrard, Intervieweur
Année de publication : 2024
Article en page(s) : pp. 39-42
Langues : Français (fre)
Catégories : Sociologie Enfance / Jeunesse
Résumé : Véritable journaliste engagée, Salomé Saqué s’intéresse particulièrement aux questions politiques, économiques et environnementales. Elle travaille entre autres pour les médias en ligne Blast et Socialter. En mai 2023, elle sort son premier livre, Sois jeune et tais-toi, dans lequel elle fait état de la jeunesse française actuelle, et aborde les critiques qui lui sont faites.

Dans cet entretien, elle revient sur les difficultés, les aspirations et les combats des jeunes aujourd’hui.
En ligne : https://aidememoire.be/103/sois-jeune-et-tais-toi/
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Sois jeune et tais-toi : réponse à ceux qui critiquent la jeunesse [texte imprimé] / Salomé Saqué (1995-....), Auteur . - Paris : Payot, DL 2022 . - 1 vol. (319 p.) : ill. ; 23 cm.
ISBN : 978-2-228-93163-2 : 19,90 EUR
Bibliogr. p. 305-309
Dédicace à la BGO
Langues : Français (fre)
Catégories : -053.2 Enfants / Jeunes
172 Citoyenneté . Civisme . Solidarité . Morale sociale . Ethique sociale. Empathie
Sociologie Enfance / Jeunesse
Index. décimale : 32 Politique
Résumé : Site éditeur
Changer de regard sur la jeunesse.

Les jeunes seraient « paresseux », « incultes », voire « égoïstes et individualistes ». J’ai entendu mille fois ces accusations à l’égard de la jeunesse : dans des dîners de famille, à la volée chez un commerçant ou portées par des éditorialistes remontés à la télévision. Ces jugements négatifs sont non seulement infondés, mais aussi délétères pour toute la société. Entre le chômage, la dégradation de la situation économique, la pandémie et l’urgence écologique, les jeunes doivent composer avec des paramètres inédits. De plus, les défauts qu’on leur prête sont souvent le symptôme d’une profonde incompréhension – d’un désintérêt ? – pour leurs préoccupations et leurs pratiques. De fait, que ce soit en entreprise, en politique ou dans les médias, les jeunes ont rarement voix au chapitre. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu leur donner la parole, dans cette enquête afin de raconter les difficultés auxquelles ils font face et de montrer les solutions qu’ils proposent pour garder espoir en l’avenir. Car une chose est certaine : les jeunes ne correspondent pas aux clichés qui leur collent à la peau.

Il est plus qu’urgent de changer de regard sur la jeunesse : la solidarité intergénérationnelle est indispensable pour faire face aux bouleversements qui nous menacent tous.

« A travers des témoignages et sa propre expérience, Salomé Saqué décortique les mécanismes d’une stigmatisation qui sert parfois de paravent à l’immobilisme des classes dirigeantes sur le changement climatique à une vision utilitariste de la jeunesse. » L’Humanité

« Une enquête édifiante qui démonte à coups de chiffres et de témoignages une liste d’a priori négatifs sur la jeunesse. » Le Temps

« La journaliste Salomé Saqué dresse le portrait d’une jeune génération qui tente tant bien que mal de prendre son indépendance, mais qui se confronte à de nombreux obstacles que ses aînés n’avaient pas. » Les Echos Start

« Une enquête fouillée qui pulvérise les clichés sur la jeunesse et appelle à la coopération entre les générations pour faire face aux grandes crises de notre époque. » Madmoizelle
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Titre : Sois jeune et tais-toi : réponse à ceux qui critiquent la jeunesse
Type de document : texte imprimé
Auteurs : Salomé Saqué (1995-....), Auteur
Editeur : Paris : Payot
Année de publication : DL 2022
Importance : 1 vol. (319 p.)
Présentation : ill.
Format : 23 cm
ISBN/ISSN/EAN : 978-2-228-93163-2
Prix : 19,90 EUR
Note générale : Bibliogr. p. 305-309
Dédicace à la BGO
Langues : Français (fre)
Catégories : -053.2 Enfants / Jeunes
172 Citoyenneté . Civisme . Solidarité . Morale sociale . Ethique sociale. Empathie
Sociologie Enfance / Jeunesse
Index. décimale : 32 Politique
Résumé : Site éditeur
Changer de regard sur la jeunesse.

Les jeunes seraient « paresseux », « incultes », voire « égoïstes et individualistes ». J’ai entendu mille fois ces accusations à l’égard de la jeunesse : dans des dîners de famille, à la volée chez un commerçant ou portées par des éditorialistes remontés à la télévision. Ces jugements négatifs sont non seulement infondés, mais aussi délétères pour toute la société. Entre le chômage, la dégradation de la situation économique, la pandémie et l’urgence écologique, les jeunes doivent composer avec des paramètres inédits. De plus, les défauts qu’on leur prête sont souvent le symptôme d’une profonde incompréhension – d’un désintérêt ? – pour leurs préoccupations et leurs pratiques. De fait, que ce soit en entreprise, en politique ou dans les médias, les jeunes ont rarement voix au chapitre. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu leur donner la parole, dans cette enquête afin de raconter les difficultés auxquelles ils font face et de montrer les solutions qu’ils proposent pour garder espoir en l’avenir. Car une chose est certaine : les jeunes ne correspondent pas aux clichés qui leur collent à la peau.

Il est plus qu’urgent de changer de regard sur la jeunesse : la solidarité intergénérationnelle est indispensable pour faire face aux bouleversements qui nous menacent tous.

« A travers des témoignages et sa propre expérience, Salomé Saqué décortique les mécanismes d’une stigmatisation qui sert parfois de paravent à l’immobilisme des classes dirigeantes sur le changement climatique à une vision utilitariste de la jeunesse. » L’Humanité

« Une enquête édifiante qui démonte à coups de chiffres et de témoignages une liste d’a priori négatifs sur la jeunesse. » Le Temps

« La journaliste Salomé Saqué dresse le portrait d’une jeune génération qui tente tant bien que mal de prendre son indépendance, mais qui se confronte à de nombreux obstacles que ses aînés n’avaient pas. » Les Echos Start

« Une enquête fouillée qui pulvérise les clichés sur la jeunesse et appelle à la coopération entre les générations pour faire face aux grandes crises de notre époque. » Madmoizelle
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