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détailArticle: texte imprimé Goulag, l'archipel oublié / Sylvaine Pasquier in Le Vif / L'Express, 2606 ([08/02/2008])
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[article] Goulag, l'archipel oublié [texte imprimé] / Sylvaine Pasquier, Auteur . - 2008 . - pp; 58-62.
Langues : Français (fre)
in Le Vif / L'Express > 2606 [08/02/2008] . - pp; 58-62
Catégories : 069(47) Mémorial (Russie)
32(47) Politique de la Fédération de Russie
343.8:341.48(47) Goulag (URSS)
37:17 Travail de Mémoire
Résumé : De la période soviétique, La Russie de Poutine ne veut retenir qu'un passé radieux : les déportations et les exécutions font l'objet d'une amnésie organisée. Visite au camp de Perm-36, ultime témoin de ce qui fut l'une des plus terrible machines de répression du XXe siècle
Permalink : https://newbibli.territoires-memoire.be/pmb/opac_css/index.php?lvl=notice_displa
[article] 
inLe Vif / L'Express > 2606 [08/02/2008] . - pp; 58-62
Titre : Goulag, l'archipel oublié
Type de document : texte imprimé
Auteurs : Sylvaine Pasquier, Auteur
Année de publication : 2008
Article en page(s) : pp; 58-62
Langues : Français (fre)
Catégories : 069(47) Mémorial (Russie)
32(47) Politique de la Fédération de Russie
343.8:341.48(47) Goulag (URSS)
37:17 Travail de Mémoire
Résumé : De la période soviétique, La Russie de Poutine ne veut retenir qu'un passé radieux : les déportations et les exécutions font l'objet d'une amnésie organisée. Visite au camp de Perm-36, ultime témoin de ce qui fut l'une des plus terrible machines de répression du XXe siècle
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détailDocument: texte imprimé Journal d'un gardien du goulag / Ivan Tchistiakov
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Journal d'un gardien du goulag [texte imprimé] / Ivan Tchistiakov (1900?-1941), Auteur ; Luba Jurgenson (1958-....), Traducteur ; Irina Lazarevna Shcherbakova (1953-....), Préfacier, etc. . - Paris : Denoël, DL 2011 . - 1 vol. (286 p.-[8] p. de pl.) : ill., couv. ill. ; 23 cm. - (Bibliothèque Médiations, ISSN 0520-0695) .
ISBN : 978-2-207-26114-9
Langues : Français (fre) Langues originales : Russe (rus)
Catégories : 069(47) Mémorial (Russie)
321.6(47) Stalinisme
343.8:341.48(47) Goulag (URSS)
929 Biographies et témoignages
Index. décimale : 940 Histoire de l'Europe / Goulag / Génocide Arménien / Guerre d'Espagne
Résumé : Site éditeur :
Pendant quelques mois, dans les années 1935-1936, Ivan Tchistiakov, gardien d'un camp de prisonniers sur le chantier de la voie ferrée Baïkal-Amour, a tenu son journal. Publié aujourd'hui pour la première fois, c'est l'un des seuls documents de ce genre à nous être parvenus. Le fonctionnement des camps soviétiques est certes bien connu, grâce à la parole des victimes et aux documents amassés par le système bureaucratique, mais l'image des «hommes aux fusils» est encore floue.
Si Ivan Tchistiakov s'est retrouvé à escorter les détenus pendant leur travail, garder le camp itinérant, accompagner les convois et poursuivre les fuyards, ce n'est pas de son propre gré. Chaque journée est vouée à un seul désir : sortir par tous les moyens du cauchemar qui l'a happé. Et qu'il ne cesse de décrire : un climat terrible, un logement épouvantable où, la nuit, les cheveux se collent au front à cause du froid, l'impossibilité de se laver, l'absence de nourriture normale, des maladies à répétition.
Le dégoût que lui inspire son travail est évident. Dès les premières pages percent des notes de compassion envers ceux qu'il doit garder. Il perçoit ce qu'un chef, au camp, ne veut pas savoir. On comprend mieux, à le lire, à quel point les camps soviétiques ont fini par incarner un modèle de société.
Les cahiers originaux du journal d'Ivan Tchistiakov se trouvent aux archives de la société Memorial de Moscou, qui, depuis les années 1980, se donne pour tâche de rassembler documents, lettres, témoignages et mémoires liés à l'histoire des répressions politiques en URSS.

On ne sait que très peu de chose sur Ivan Tchistiakov. Il est sans doute né au tout début des années 1900. Moscovite, probablement enseignant dans un institut technique ou ingénieur avant d'intégrer l'administration du Goulag comme gardin, il est mort au front dans la région de Toula, en 1941.
Note de contenu : Table :
- préface
- introduction
1935-1936
les refusards
les travailleurs de choc
Bagarre
Octobre en Extrême-Orient
[sans titre]
Août 1934

- L'association Memorial
Permalink : https://newbibli.territoires-memoire.be/pmb/opac_css/index.php?lvl=notice_displa
Titre : Journal d'un gardien du goulag
Type de document : texte imprimé
Auteurs : Ivan Tchistiakov (1900?-1941), Auteur ; Luba Jurgenson (1958-....), Traducteur ; Irina Lazarevna Shcherbakova (1953-....), Préfacier, etc.
Editeur : Paris : Denoël
Année de publication : DL 2011
Collection : Bibliothèque Médiations, ISSN 0520-0695
Importance : 1 vol. (286 p.-[8] p. de pl.)
Présentation : ill., couv. ill.
Format : 23 cm
ISBN/ISSN/EAN : 978-2-207-26114-9
Langues : Français (fre) Langues originales : Russe (rus)
Catégories : 069(47) Mémorial (Russie)
321.6(47) Stalinisme
343.8:341.48(47) Goulag (URSS)
929 Biographies et témoignages
Index. décimale : 940 Histoire de l'Europe / Goulag / Génocide Arménien / Guerre d'Espagne
Résumé : Site éditeur :
Pendant quelques mois, dans les années 1935-1936, Ivan Tchistiakov, gardien d'un camp de prisonniers sur le chantier de la voie ferrée Baïkal-Amour, a tenu son journal. Publié aujourd'hui pour la première fois, c'est l'un des seuls documents de ce genre à nous être parvenus. Le fonctionnement des camps soviétiques est certes bien connu, grâce à la parole des victimes et aux documents amassés par le système bureaucratique, mais l'image des «hommes aux fusils» est encore floue.
Si Ivan Tchistiakov s'est retrouvé à escorter les détenus pendant leur travail, garder le camp itinérant, accompagner les convois et poursuivre les fuyards, ce n'est pas de son propre gré. Chaque journée est vouée à un seul désir : sortir par tous les moyens du cauchemar qui l'a happé. Et qu'il ne cesse de décrire : un climat terrible, un logement épouvantable où, la nuit, les cheveux se collent au front à cause du froid, l'impossibilité de se laver, l'absence de nourriture normale, des maladies à répétition.
Le dégoût que lui inspire son travail est évident. Dès les premières pages percent des notes de compassion envers ceux qu'il doit garder. Il perçoit ce qu'un chef, au camp, ne veut pas savoir. On comprend mieux, à le lire, à quel point les camps soviétiques ont fini par incarner un modèle de société.
Les cahiers originaux du journal d'Ivan Tchistiakov se trouvent aux archives de la société Memorial de Moscou, qui, depuis les années 1980, se donne pour tâche de rassembler documents, lettres, témoignages et mémoires liés à l'histoire des répressions politiques en URSS.

On ne sait que très peu de chose sur Ivan Tchistiakov. Il est sans doute né au tout début des années 1900. Moscovite, probablement enseignant dans un institut technique ou ingénieur avant d'intégrer l'administration du Goulag comme gardin, il est mort au front dans la région de Toula, en 1941.
Note de contenu : Table :
- préface
- introduction
1935-1936
les refusards
les travailleurs de choc
Bagarre
Octobre en Extrême-Orient
[sans titre]
Août 1934

- L'association Memorial
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47795 940/TCH Livre Libre-accès Adultes Disponible
détailDocument: texte imprimé Ozerlag, 1937-1964
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Ozerlag, 1937-1964 : le système du Goulag, traces perdues, mémoires réveillées d'un camp stalinien [texte imprimé] / ENKI BILAL, Illustrateur ; Alain Brossat, Directeur de publication ; Sonia Combe (1949-....), Directeur de publication ; Leonid Moukhine, Directeur de publication . - Paris : Autrement, 1991 . - 251 p. : ill., couv. ill. ; 25 cm. - (Mémoires, ISSN 1157-4488; 11) .
ISBN : 2-86260-342-2
glossaire ; index ; bibliographie ; biographies
Langues : Français (fre)
Catégories : 0(082) Critique / extrait document / citations
03 Dictionnaire. Référence. Adresses. Définitions
069(47) Mémorial (Russie)
343.8:341.48(47) Goulag (URSS)
343.8:341.48(47) Ozerlag
343.8:341.48(47) Tayshet
779 Collections d'images photographiques
912 Atlas Cartes Plans
929 Biographies et témoignages
94(47) Histoire de l'URSS et Russie
Index. décimale : 940 Histoire de l'Europe / Goulag / Génocide Arménien / Guerre d'Espagne
Résumé : 4e de couverture :
Ozerlag, le "camp du lac ". À mille kilomètres au nord d'Irkoutsk, près du lac Baïkal, l'un des multiples îlots de l'Archipel révélé par Soljénitsyne.

Un camp comme les autres. Pour la première fois, des chercheurs français et soviétiques ont travaillé ensemble à restituer un camp, son histoire, sa topographie, à rassembler les pièces à conviction, les témoignages des survivants - et même des photographies, miraculeusement préservées.
"Matériaux " qui viennent nourrir une réflexion renouvelée sur l'univers concentrationnaire stalinien.

Un camp parmi les autres. Créé en 1937, officiellement dissous au début des années 1960, Ozerlag livre ses traces déconcertantes sur près de trois cents kilomètres, entre les villes nouvelles de Taïchet et Bratsk. Longtemps, les cicatrices et vestiges du Goulag sont demeurés invisibles, sa mémoire se concentrant en quelques monuments littéraires érigés par Soljénitsyne, Chalamov et Guinzburg. Au fil des bouleversements en cours en Union soviétique, voici que les lieux mêmes de l'horreur deviennent accessibles à l'investigation des historiens et à l'obstination des activistes de Memorial.

Inventaire unique des "lieux du crime", ce livre du souvenir consacré à Ozerlag prend acte de cette mutation et propose des pistes nouvelles pour comprendre ce monde à part que constitue le Goulag.
Note de contenu : Sommaire
1 - Prologue

Un camp sans histoire, sans images, sans "victimes" / Alain Brossat
Le tissu local a en quelque sorte réabsorbé les camps et le monde des zeks. Ce ne sont pas seulement les traces matérielles des colonies pénitentiaires mais aussi tous ces anciens protagonistes de l’archipel qui se sont "fondus" dans le paysage. Le silence de la mémoire semble avoir, entre Taïchet et Bratsk, arraché victimes et coupables à leurs rôles.


2 - Les traces de l’oubli

Pour ne pas oublier / Leonid MOUKHINE
Don Quichotte absolument solitaire qui s’est mis en tête de combattre l’amnésie et les amnisties bâclées dans une région hantée par le passé concentrationnaire tout proche. Sans l’ombre d’un soutien institutionnel, sans encouragement académique, sans magnétophone ni appareil photo, sans aucune formation au métier d’historien, il s’est lancé à l’assaut des moulins à vent bien réels de l’ignorance, de l’oubli, de l’indifférence et de la mauvaise foi.

Qui savait quoi en ce temps-là ? / Sonia COMBE
Sur la "trace", l’oubli est, plus qu’ailleurs, une forme éminente de la mémoire. La transmission du "terrifiant secret" d’Ozerlag d’une génération à l’autre s’est heurtée à d’innombrables obstacles - la peur n’étant pas nécessairement le premier d’ente eux. Il a fallu une immense obstination aux anciens zeks comme aux jeunes gens de Memorial pour remonter le courant et détrôner les fossoyeurs...

Le BAM, d’Ozerlag au " chantier du siècle " / Richard KACZOROWSKI
Ozerlag, c’est aussi un des lieux où s’exhibe, pour le pire, la gigantomanie du système stalinien : c’est le début du Baïkal-Amour-Magistral, ce grandiose projet de doublement de la voie ferrée du Transsibérien par le Nord. Autopsie d'un dessein mégalomane né dans la sueur et le sang des zeks...

" On achève bien les zeks " : la vie de Vladimir Ablamski
La vie de Vladimir Ablamski pourrait tenir en un mot : ratée, mais pour imager ce mot, cela lui a pris environ trois mille photos et presque un siècle. Entre la Mandchourie des années 30 et la Sibérie des années 90, Ablamski a tout perdu, sauf la vie, sauf le goût pour la photo.

Un Français sur la "trace" : Entretien avec Armand Maloumian
"J’ai été libéré le 19 février 1956. Les autorités soviétiques m’ont gracieusement raccompagné jusqu’à Berlin et, de là, j’ai pris l’avion pour Orly. Lorsque le douanier m’a demandé ce que j’avais à déclarer, j’ai répondu : 'Trois petites boîtes de caviar, un flacon de parfum russe, un savon russe et huit ans de camp de concentration...'"

3 - " Naufragés et rescapés "

Le Goulag est une histoire de naufragés et de rescapés, une histoire en miettes. Sans prétendre la reconstituer, ces photos la traversent : certificats de décès, tombes abandonnées des victimes, instantanés de la vie au camp des survivants, visages poseurs des gardes-chiourmes, lieux de l’horreur en déshérence où se sont surimposés les signes d’une autre vie. Avec ces photos aussi, deux regards se croisent : celui de Vladimir Ablamski, l’ancien zek russe qui dresse le constat du crime en s’efforçant à la froideur, et celui de Michel Daeron, jeune chasseur de mémoire occidental qui scrute l’invisible, s’efforce de reconstruire l’inconcevable là où ses traces sont effacées. Jalons fragiles, pour ensemencer la mémoire, au nom des naufragés, des rescapés.

Carte : les camps entre Taïchet et Bratsk

4 - Quinze vies, quinze témoins

Introduction
Ode au bourreau / Iouri DOMBROVSKI
L’arrivée au camp / Anatoli Gygouline, Kheva Vladimirovna Volovitch.
"Les travaux et les jours" / Boris Diakov, Nadejda Kravetz, Alexis Marinat, Platon Nabokov, Maïa Oulanovskaïa, Joseph Berger.
Du monde entier / Grazyna Lipinska, Siegfried Oelsner, Karlo Stajner, Friedrich Breiss, Bulletin de l'Association des anciens prisonniers japonais.
Les derniers temps / Abraham Issakovitch Chifrin, Anatoli Martchenko.

5 - Victimes et bourreaux

Taïchet, cité des douleurs / Evgueni Seleznev
Aujourd’hui y vivent, et souvent en bon voisinage, d’anciens prisonniers et d’anciens surveillants. Les vétérans du NKVD restent muets. En regardant bien ses petites rues tortueuses et boueuses, on trouve encore des traces de ces tristes événements. Mais lorsque l’on prend son pouls, tout paraît calme.

S.K. Evstigneev, roi d’Ozerlag / Sonia COMBE
Il fut le dernier et très redouté commandant d’Ozerlag. Pour tous ceux qui l’ont connu, il demeure une énigme - tout à la fois bourreau, "ingénieur" infatigable, "assassin de la mémoire" obstiné à nier l’horreur du système concentrationnaire soviétique et dernier des Mohicans de la saga du stalinisme. Tentative de portait...

L’homme qui parlait japonais / Michel DAERON
Il faut sans doute être un peu fou pour être Sergeï Tcheoussov, "chef" de l’Association des anciens zeks à Vikhorievka, obstiné à faire valoir leurs droits de victimes de la vindicte étatique et jamais en retard d’une demande de réparation. Mais sans cette folie, les anciens détenus n’auraient peut-être jamais cessé de raser les murs sur les lieux de leur vie piétinée...

6 - Épilogue

Contre les voleurs de mémoire / Aless ADAMOVITCH
Aless Adamovitch fut, dans la seconde moitié des années 80, l’une des personnalités les plus exposées de la perestroïka intellectuelle. Fondateur, avec les écrivains A. Rybakov et M. Chattov et avec A. Sakharov, de l’organisation Memorial, il exige depuis lors avec intransigeance que justice soit rendue aux victimes de la grande Terreur et aux anciens déportés du Goulag. Le point de vue qu’il expose dans ce texte n’est pas nécessairement partagé par l’ensemble des " militants de la mémoire " soviétique. Mais son écho est assurément considérable dans de larges secteurs de la société soviétique.

7 – Annexes : Glossaire – Bibliographie - Biographie
Permalink : https://newbibli.territoires-memoire.be/pmb/opac_css/index.php?lvl=notice_displa
Titre : Ozerlag, 1937-1964 : le système du Goulag, traces perdues, mémoires réveillées d'un camp stalinien
Type de document : texte imprimé
Auteurs : ENKI BILAL, Illustrateur ; Alain Brossat, Directeur de publication ; Sonia Combe (1949-....), Directeur de publication ; Leonid Moukhine, Directeur de publication
Editeur : Paris : Autrement
Année de publication : 1991
Collection : Mémoires, ISSN 1157-4488 num. 11
Importance : 251 p.
Présentation : ill., couv. ill.
Format : 25 cm
ISBN/ISSN/EAN : 2-86260-342-2
Note générale : glossaire ; index ; bibliographie ; biographies
Langues : Français (fre)
Catégories : 0(082) Critique / extrait document / citations
03 Dictionnaire. Référence. Adresses. Définitions
069(47) Mémorial (Russie)
343.8:341.48(47) Goulag (URSS)
343.8:341.48(47) Ozerlag
343.8:341.48(47) Tayshet
779 Collections d'images photographiques
912 Atlas Cartes Plans
929 Biographies et témoignages
94(47) Histoire de l'URSS et Russie
Index. décimale : 940 Histoire de l'Europe / Goulag / Génocide Arménien / Guerre d'Espagne
Résumé : 4e de couverture :
Ozerlag, le "camp du lac ". À mille kilomètres au nord d'Irkoutsk, près du lac Baïkal, l'un des multiples îlots de l'Archipel révélé par Soljénitsyne.

Un camp comme les autres. Pour la première fois, des chercheurs français et soviétiques ont travaillé ensemble à restituer un camp, son histoire, sa topographie, à rassembler les pièces à conviction, les témoignages des survivants - et même des photographies, miraculeusement préservées.
"Matériaux " qui viennent nourrir une réflexion renouvelée sur l'univers concentrationnaire stalinien.

Un camp parmi les autres. Créé en 1937, officiellement dissous au début des années 1960, Ozerlag livre ses traces déconcertantes sur près de trois cents kilomètres, entre les villes nouvelles de Taïchet et Bratsk. Longtemps, les cicatrices et vestiges du Goulag sont demeurés invisibles, sa mémoire se concentrant en quelques monuments littéraires érigés par Soljénitsyne, Chalamov et Guinzburg. Au fil des bouleversements en cours en Union soviétique, voici que les lieux mêmes de l'horreur deviennent accessibles à l'investigation des historiens et à l'obstination des activistes de Memorial.

Inventaire unique des "lieux du crime", ce livre du souvenir consacré à Ozerlag prend acte de cette mutation et propose des pistes nouvelles pour comprendre ce monde à part que constitue le Goulag.
Note de contenu : Sommaire
1 - Prologue

Un camp sans histoire, sans images, sans "victimes" / Alain Brossat
Le tissu local a en quelque sorte réabsorbé les camps et le monde des zeks. Ce ne sont pas seulement les traces matérielles des colonies pénitentiaires mais aussi tous ces anciens protagonistes de l’archipel qui se sont "fondus" dans le paysage. Le silence de la mémoire semble avoir, entre Taïchet et Bratsk, arraché victimes et coupables à leurs rôles.


2 - Les traces de l’oubli

Pour ne pas oublier / Leonid MOUKHINE
Don Quichotte absolument solitaire qui s’est mis en tête de combattre l’amnésie et les amnisties bâclées dans une région hantée par le passé concentrationnaire tout proche. Sans l’ombre d’un soutien institutionnel, sans encouragement académique, sans magnétophone ni appareil photo, sans aucune formation au métier d’historien, il s’est lancé à l’assaut des moulins à vent bien réels de l’ignorance, de l’oubli, de l’indifférence et de la mauvaise foi.

Qui savait quoi en ce temps-là ? / Sonia COMBE
Sur la "trace", l’oubli est, plus qu’ailleurs, une forme éminente de la mémoire. La transmission du "terrifiant secret" d’Ozerlag d’une génération à l’autre s’est heurtée à d’innombrables obstacles - la peur n’étant pas nécessairement le premier d’ente eux. Il a fallu une immense obstination aux anciens zeks comme aux jeunes gens de Memorial pour remonter le courant et détrôner les fossoyeurs...

Le BAM, d’Ozerlag au " chantier du siècle " / Richard KACZOROWSKI
Ozerlag, c’est aussi un des lieux où s’exhibe, pour le pire, la gigantomanie du système stalinien : c’est le début du Baïkal-Amour-Magistral, ce grandiose projet de doublement de la voie ferrée du Transsibérien par le Nord. Autopsie d'un dessein mégalomane né dans la sueur et le sang des zeks...

" On achève bien les zeks " : la vie de Vladimir Ablamski
La vie de Vladimir Ablamski pourrait tenir en un mot : ratée, mais pour imager ce mot, cela lui a pris environ trois mille photos et presque un siècle. Entre la Mandchourie des années 30 et la Sibérie des années 90, Ablamski a tout perdu, sauf la vie, sauf le goût pour la photo.

Un Français sur la "trace" : Entretien avec Armand Maloumian
"J’ai été libéré le 19 février 1956. Les autorités soviétiques m’ont gracieusement raccompagné jusqu’à Berlin et, de là, j’ai pris l’avion pour Orly. Lorsque le douanier m’a demandé ce que j’avais à déclarer, j’ai répondu : 'Trois petites boîtes de caviar, un flacon de parfum russe, un savon russe et huit ans de camp de concentration...'"

3 - " Naufragés et rescapés "

Le Goulag est une histoire de naufragés et de rescapés, une histoire en miettes. Sans prétendre la reconstituer, ces photos la traversent : certificats de décès, tombes abandonnées des victimes, instantanés de la vie au camp des survivants, visages poseurs des gardes-chiourmes, lieux de l’horreur en déshérence où se sont surimposés les signes d’une autre vie. Avec ces photos aussi, deux regards se croisent : celui de Vladimir Ablamski, l’ancien zek russe qui dresse le constat du crime en s’efforçant à la froideur, et celui de Michel Daeron, jeune chasseur de mémoire occidental qui scrute l’invisible, s’efforce de reconstruire l’inconcevable là où ses traces sont effacées. Jalons fragiles, pour ensemencer la mémoire, au nom des naufragés, des rescapés.

Carte : les camps entre Taïchet et Bratsk

4 - Quinze vies, quinze témoins

Introduction
Ode au bourreau / Iouri DOMBROVSKI
L’arrivée au camp / Anatoli Gygouline, Kheva Vladimirovna Volovitch.
"Les travaux et les jours" / Boris Diakov, Nadejda Kravetz, Alexis Marinat, Platon Nabokov, Maïa Oulanovskaïa, Joseph Berger.
Du monde entier / Grazyna Lipinska, Siegfried Oelsner, Karlo Stajner, Friedrich Breiss, Bulletin de l'Association des anciens prisonniers japonais.
Les derniers temps / Abraham Issakovitch Chifrin, Anatoli Martchenko.

5 - Victimes et bourreaux

Taïchet, cité des douleurs / Evgueni Seleznev
Aujourd’hui y vivent, et souvent en bon voisinage, d’anciens prisonniers et d’anciens surveillants. Les vétérans du NKVD restent muets. En regardant bien ses petites rues tortueuses et boueuses, on trouve encore des traces de ces tristes événements. Mais lorsque l’on prend son pouls, tout paraît calme.

S.K. Evstigneev, roi d’Ozerlag / Sonia COMBE
Il fut le dernier et très redouté commandant d’Ozerlag. Pour tous ceux qui l’ont connu, il demeure une énigme - tout à la fois bourreau, "ingénieur" infatigable, "assassin de la mémoire" obstiné à nier l’horreur du système concentrationnaire soviétique et dernier des Mohicans de la saga du stalinisme. Tentative de portait...

L’homme qui parlait japonais / Michel DAERON
Il faut sans doute être un peu fou pour être Sergeï Tcheoussov, "chef" de l’Association des anciens zeks à Vikhorievka, obstiné à faire valoir leurs droits de victimes de la vindicte étatique et jamais en retard d’une demande de réparation. Mais sans cette folie, les anciens détenus n’auraient peut-être jamais cessé de raser les murs sur les lieux de leur vie piétinée...

6 - Épilogue

Contre les voleurs de mémoire / Aless ADAMOVITCH
Aless Adamovitch fut, dans la seconde moitié des années 80, l’une des personnalités les plus exposées de la perestroïka intellectuelle. Fondateur, avec les écrivains A. Rybakov et M. Chattov et avec A. Sakharov, de l’organisation Memorial, il exige depuis lors avec intransigeance que justice soit rendue aux victimes de la grande Terreur et aux anciens déportés du Goulag. Le point de vue qu’il expose dans ce texte n’est pas nécessairement partagé par l’ensemble des " militants de la mémoire " soviétique. Mais son écho est assurément considérable dans de larges secteurs de la société soviétique.

7 – Annexes : Glossaire – Bibliographie - Biographie
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